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Tir sportif & Photographie :-o

Initiation au tir sportif 10 mètres pistolet

La première fois avec un … pistolet à air

Je reprends ici une série d’article publié en son temps dans Calibres.

J’ai le plaisir d’inaugurer le premier d’une longue série d’articles consacrés à la première fois ! En tout bien tout honneur, nous évoquerons les principes de base des différentes disciplines de tir qui font de notre sport l’un des plus riches, alliant condition physique, technique et gestion du mental. Cet opus est aujourd’hui consacré à la découverte du tir au pistolet à air.

Avant toute chose, et même si cela peut vous paraître rabâché, la sécurité doit être la priorité absolue dès lors que l’on s’intéresse au domaine des armes. Voici quelques règles élémentaires qui doivent être suivies à la lettre pour votre sécurité et celle des autres sous peine de vous voir exclure des pas de tir.

1/ pointez toujours votre arme en direction des cible. Toujours veut dire toujours, c’est-à-dire lorsque vous chaussez votre pistolet, lorsque vous l’armez, lorsque vous prenez votre visée, lorsque vous tirez à sec et naturellement lorsque vous tirez. Même lorsque vous rangez votre arme, il n’y a aucune raison de la balancer dans toutes les directions. Prenez de bonnes habitudes.

2/ considérez votre arme comme toujours chargée sauf lorsque vous aurez effectué les contrôles de sécurité, à savoir : ouvert la culasse et visuellement constaté l’absence de projectile et surtout pas en pressant la détente. Habituez-vous à effectuer ces vérifications même lorsque vous sortez l’arme de votre mallette et même si c’est vous qui l’y avez rangé.

3/ ne cherchez pas à utiliser une arme si vous ne savez pas comment elle fonctionne.

4/ ne touchez pas une arme qui n’est pas à vous.

5/ lorsque votre arme est chargée, celle-ci ne doit jamais quitter votre main : il est hors de question de la reposer sur votre tablette pour aller vous rafraichir, et ce même si un système de sécurité équipe votre pistolet. Lâchez le coup, puis reposez votre pistolet culasse ouverte.

6/ Lorsque votre arme est sur la tablette, celle-ci doit toujours restée culasse ouverte pour informer tous les tireurs qu’elle est en position de sécurité.

L’utilisation responsable de votre pistolet signifie qu’elle est utilisée comme un outil, et non comme un jouet ou une arme de cowboy. Le tir à la cible est l’un des sports les plus sûrs dans le monde (pensez au nombre d’accidents qui surviennent au ski, en équitation, en escalade, en parachute et j’en passe) car les règles sont suivies scrupuleusement. Le moindre manquement à ces règles élémentaires devrait s’accompagner d’une expulsion immédiate du stand. A ce jour, aucun accident n’a été constaté à l’occasion de compétition internationale UIT/ISSF : c’est un record.

De quoi avez-vous besoin ?

Tout d’abord, d’un peu de motivation. Vous le constaterez rapidement le tir au pistolet à air est une discipline exigeante qui nécessite d’y consacrer du temps et des efforts avant de voir les premiers résultats se matérialiser en cible.

Par contre, une fois que le train est lancé, je peux vous assurer qu’il n’est pas de plus grande satisfaction que de constater les progrès se construire au fil de vos entraînements.

Je ne pense que l’on débute le pistolet à air avec l’idée immédiate d’en faire sa discipline de prédilection : habituellement, on se met au pistolet 10m car c’est la discipline de base qui permet d’acquérir la technique et les reflexes nécessaires à toutes les autres disciplines de tir au pistolet. Il est fréquent d’entendre, à raison, qu’un bon tireur 10m, sera à l’aise (par forcément un champion) au 25m ou au 50m. En effet, tout ce que vous apprenez au 10m sera réutilisé par ailleurs, rien ne sera jeté.

Le 10m est enfin une discipline intéressante pour initier les jeunes au tir, du fait d’une part qu’ils n’ont pas à manipuler une arme à feu tout de suite ; et d’autre part, car l’absence de bruit et de recul contribue à le mettre en confiance plus rapidement.

Ma conclusion est donc, qu’à l’issue de votre première séance, vous ne serez certainement passionné par la discipline elle-même : ce n’est pas nécessaire. Par contre il est possible qu’après y avoir acquit les bases nécessaires pour passer au maniement d’une arme à feu, vous y reveniez soit pour y parfaire un point de technique particulier, soit comme moi, car vous y trouverez plus qu’avec les armes à feu (que je pratique avec plaisir mais plus dans un cadre de loisir que de compétition) une satisfaction réelle.

Après avoir parlé de la motivation, voyons concrètement de quoi vous avez besoin.

Tout d’abord d’un club : ce n’est pas une plaisanterie, car même s’il est possible de tirer avec un pistolet à air dans sa cave ou dans son jardin, pour autant que vous soyez un peu intéressé, il vous faut de réelles infrastructures garantissant votre sécurité et celle des autres, ainsi qu’une équipe d’encadrement pour vous aider dans la découverte de l’arme et de la discipline. C’est le rôle des animateurs de club qui font un job formidable dans tous les clubs de France.

Maintenant que vous savez où tirez, il vous faut le pistolet, et là ce n’est pas une mince affaire compte tenu du choix et des options qui s’offrent à vous. Tous les clubs sont équipés de pistolets qui vous seront prêtés moyennant les procédures en vigueur où vous vous rendrez.

Walther_CP2

Tesro_PA10

tau7-MATCH

Steyr LP1

Steyr LP1

SAM-K14

sam-k11a

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m162ei

lp300

k58

k2-s-air

k2-co2

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fwb-p34bg

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En revanche, vous aurez certainement la désagréable surprise de constater que les modèles qui vous seront proposés commencent à dater un peu : il s’agit généralement de Feinwerkbau 65, qui sont des modèles à compression manuelle d’air, qui datent de … 1965. Certes, il est encore possible théoriquement d’enquiller 10 après 10 avec ces modèles ; toutefois, leur age vénérable et leur différence technologique en regard de ce que l’ont trouve sur le marché aujourd’hui devraient les reléguer au rang de pièce de musée plutôt qu’à celui de pistolet d’initiation. Alors je sais ce qu’on va me dire : que des générations et des générations de tireurs se sont initiés à notre noble discipline avec ces armes, que les clubs n’ont pas d’argent pour les remplacer, que les tireurs ne sont pas respectueux du matériels et que les armes modernes sont plus fragiles, qu’il sont bien assez bons pour de l’initiation, que j’ai même vu des tireurs les utiliser aux derniers championnats régionaux … n’en jetez plus, la coupe est pleine.

Je connais tous ces arguments : j’estime simplement qu’à l’heure où notre sport connaît une désaffection certaine du public, la première image qu’un possible futur licencié va avoir du tir n’est pas forcément reluisante quand il aura en main une arme du siècle dernier dans un état pas forcément des plus reluisants. Les clubs qui ne l’ont pas déjà fait, pourrait donc investir dans des pistolets plus récents, qui ne seraient confiés au tireur qu’en présence d’un animateur par exemple pour garantir ses bonnes conditions d’utilisation.

Globalement, trois types de pistolets vont s’offrir à vous : pistolet à compression manuelle : il faut actionner une pompe qui compresse l’air nécessaire à la projection du plomb dans un cylindre ; pistolet au CO2 : dans ce cas, une cartouche contient du CO2. Il s’agit d’armes de la fin des années 80 qui ont fait le bonheur de quelques générations de compétiteurs (jusqu’à la fin des années 90), mais ont le rechargement des cartouches de gaz est un peu fastidieux du fait de l’équipement requis.

Il faut également mentionner les armes à air pré comprimé tel le Fein 103, qui permettent toujours de tenir des scores parfaitement honorables.

Enfin, des pistolets à air comprimé : l’air qui sert à la propulsion est celui que nous respirons et qui est chargé dans la cartouche grâce à une pompe à main ou en connectant la cartouche à une bouteille de plongée (certains clubs disposent de gonfleurs automatiques).

Avec ces deux derniers modèles, vous ne faites aucun effort entre chaque plomb : pas besoin d’actionner une poignée manuelle pour comprimer l’air : le gaz de propulsion est déjà compressé. Il suffit simplement d’ouvrir la culasse et de poser le plomb.

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275px-Steyr_lp10 (julian young)

Selon vos objectifs et vos moyens, je ne saurais que trop vous recommander de vous diriger vers une arme à air comprimé. Toutefois, faites-vous la main avec l’arme dans le meilleur état disponible dans votre club avant de vous lancer dans un investissement significatif.

Quelques conseils en vue de l’achat de votre premier pistolet à air : il n’est malheureusement pas possible d’emprunter même moyennant caution un pistolet chez votre armurier pour vous assurer qu’il vous convient. Toutefois, je ne vous recommande pas d’acheter un pistolet même d’occasion sans l’avoir au préalable essayé, c’est d’autant plus vrai qu’en débutant vous n’aurez aucun point de comparaison d’un pistolet à un autre.

Pour se résumer : vous allez certainement emprunter auprès de votre club un Fein 65. Il s’agit d’une arme à piston idéale pour débuter. Mais vous vous rendrez vite compte qu’il s’agit d’une arme plutôt lourde à la longue, dont le mouvement du piston libérant l’air n’est pas des plus confortables, car il provoque un à coup nettement perceptible.

Dans la catégorie des armes à piston plus évoluées que le Fen, sautez sur le Pardini K58 si vous en trouvez un.

Pour progresser vous allez certainement avoir envie de posséder votre propre pistolet. Il n’existe pas à proprement parler d’arme de transition entre un pistolet d’initiation et un pistolet de compétition. Ce qui fait la transition est en réalité le prix.

C’est pourquoi, je vous invite à vous orienter lorsque vous serez un peu mordu, vers un pistolet d’occasion type Steyr LP10, ou Morini 162eI (avec détente électronique – que du bonheur). Il s’agit de pistolet à air compriné et non CO2. Eu égard aux contraintes liées au rechargement du CO2, je ne vous recommande pas ce type de pistolet. Toutefois, si vous trouvez une bonne occasion, n’hésitez pas : ne nombreux compétiteurs utilisent toujours ce type de pistolet même si leur production a cessé il y a un moment. Les Walther CP2 et CPM1 restent des références incontournables en matière de CO2, ainsi que l’Hämmerli 480.

Voici des liens vers des essais de pistolets à air :

Morini 162eI

Pardini K10

Tesro PA10-3

Lorsque vous songerez à vous acheter une arme neuve (quelque soient vos motivations), un large choix s’offre à vous : je ne saurais que trop vous recommander le Pardini K2S (le pistolet de Franck Dumoulin – à défaut d’avoir son score, vous aurez son pistolet !), Matchguns MG1 avec ses contrepoids caractéristiques, l’Hämmerli AP40 et sa crosse en matière synthétique, le Tesro PA10-2, etc …

Le choix est vaste et mon conseil est le suivant : faites vous prêter un pistolet par un ami tireur et essayez-en plusieurs avant de jeter votre dévolu sur le pistolet de vos rêves, car la réalité quand vous passerez à la caisse risque d’être fatale si après avoir débourser plus de 1.000 euros vous vous rendez-compte que vous n’êtes pas à l’aise avec votre récente acquisition.

Le point auquel vous devez être vigilent et absolument intransigeant c’est le confort que vous ressentez en chaussant la crosse. Lorsque vous essayez un pistolet au stand, celui d’un autre tireur par exemple, demandez-lui la gentillesse de vous le laisser pour environ une heure. En effet, les sensations sont complètement différentes entre tenir un pistolet pendant quelques minutes et durant le temps d’un match.

Ne vous précipitez même si la tentation peut-être forte de posséder son propre pistolet.

Une fois que vous avez retenu le modèle de votre choix, de nouveau trois options : l’acheter neuf chez votre armurier, l’acheter d’occasion chez votre armurier ou d’occasion à un tireur. Je ne commenterais pas la première option, en revanche si vous souhaitez acheter votre arme d’occasion (prix, modèle introuvable sur le marché …) l’avantage serait de l’acheter à un armurier car d’une part vous bénéficierez de la garantie d’un professionnel ; et d’autre part, votre pistolet aura été révisé (tous les joints changés, mécanisme réglé). Si vous décidez de l’acheter à un particulier et que celui-ci n’a pas été récemment révisé (facture à l’appui), négociez une cinquantaine d’euros à la baisse, afin de le faire contrôler par un professionnel.

Maintenant que vous avez le pistolet, il vous faut des plombs et des cibles.

Il n’est pas nécessaire de s’étendre de trop sur ces deux sujets. Concernant les plombs vous verrez dans le futur qu’il existe pléthores de modèles (diamètre et poids différents). Pour le moment contentez-vous d’achetez une boîte de H&N Club disponible dans tous les club.

Je vous invite à lire l’article que j’avais publié sur les tests de différents plombs : ICI

Concernant les cibles, là encore pas de fioriture : prenez des cibles 17cm x 17cm standard UIT/ISSF (organisme international qui écrit les règles pour les différentes disciplines de tir).

Une cible ISSF pour le tir au pistolet :

Cible 10m IUT / ISSF

Cible 10m IUT / ISSF

Comment tenir le pistolet ?

Il est fondamental de tenir le pistolet de la même manière exactement à chaque fois que vous visez. C’est la raison pour laquelle votre arme doit être équipée d’une crosse anatomique : de telle sorte à ce que votre paume et vois doigts reprennent systématiquement la même position à chaque reprise. Le moindre changement dans la position de votre main, dans la pression vos doigts, de la position de votre index sur la queue de détente fera une réelle différence sur le point d’impact de votre plomb en cible.

Si vous êtes droitier, tenez le pistolet dans votre main gauche en le tenant par le dessous de la bouteille d’air, proche du pontet. De votre main droite, attrapez fermement la crosse en la serrant tout d’abord entre votre pouce et votre index. Ce point d’ancrage va devenir le prolongement de l’alignement de votre bras. Puis ensuite, enserrez la crosse de votre paume. Avec une crosse anatomique, les trois doigts restant devraient naturellement trouver leur place.

Beaucoup de choses ont été dites sur la pression à exercer sur la crosse : il ne faut ni la serrez comme si vous cherchiez à agripper une corde à grimper, ni être trop souple comme si vous tenir un animal fragile entre vois doigts. Rappelez-vous que la pression principale est exercée par la pince pouce-index et que le majeur contribue à raffermir la prise. Attention, le pouce lui-même ne doit pas appuyer sur la crosse au risque de dévier vos tirs. L’annulaire et l’auriculaire sont là pour stabiliser la tenue et n’y contribuent qu’accessoirement.

Concernant les crosses, je vous invite à lire l’article sur les crosses rink : ICI

La pression de la main est également corrélée à la tension du poignet : celui-ci doit être verrouillé dans le prolongement du bras.

Prise en main (c) FFTir

Prise en main (c) FFTir

Un bon exercice pour s’assurer du bon degré de verrouillage consiste à monter l’arme en cible, à aligner guidon et cran de mire (nous verrons ça plus loin) et à effectuer des rotations du bassin de gauche à droite tout en cherchant à conserver l’alignement des organes de visée. Si votre poignet n’est pas suffisamment verrouillé vous constaterez que dès le premier déplacement du bras, vous perdre l’alignement.

Je vous invite à répéter cet exercice durant une ou deux minutes en début et fin de chaque séance d’entrainement.

Quelle position adopter ?

Il n’y a pas de position parfaite. Votre propre position évoluera au fil de vos progrès. Pour démarrer confortablement, écarter vos jambes dans le prolongement de vos épaules, les pieds perpendiculaires à l’axe de vos jambes, en vous alignant à environ 45° face à la ligne de tir.

Pour trouver votre position naturelle, je vous invite à procéder à l’exercice suivant : ne chargez pas votre pistolet, installez-vous confortablement face à la cible, chaussez votre arme et montez une première fois en cible. Abaissez votre bras, fermez les yeux et montez en cible, simplement maintenant ouvrez les yeux. L’objectif n’est pas de savoir si vous avez aligné vos organes de visée ou si vous êtes au dessus ou en dessous le de plaque en tôle. Ce que nous cherchons à savoir est si vous êtes aligné ou trop à gauche ou à droite de la cible. Si tel est le cas, ne corrigez pas en déplaçant votre bras, mais en bougeant vos pieds (si vous êtes trop à droite, pied droit vers la gauche et pied gauche vers la droite). Puis recommencez l’expérience les yeux fermés. Une fois que vous êtes en mesure de retrouver l’alignement avec la cible à chaque coup, vous êtes certain d’avoir trouvé la position naturelle de votre corps, celle où vous aurez le moins besoin de compenser les effets d’un alignement imparfait.

N’hésitez pas, une fois la position trouvée, à faire des repères (par exemple l’extrémité des vos pieds au sol avec de la craie).

Position pistolier (c) FFTir

Position pistolier (c) FFTir

Comment respirer ?

Un bon contrôle de la respiration vous permettra de mieux tenir votre pistolet et donc de mieux tirer. Le fait de correctement alimenter votre corps en oxygène améliorera le contrôle de vos muscle, votre vision et gardera votre esprit à l’écart des distractions mineures qui peuvent être légion sur un pas de tir.

Reposez-vous entre chaque coup : il n’ya pas de récompense pour terminer son match plus vite que les autres : tout le monde est logé à la même enseigne (1h45mm pour les hommes pour mâcher 60 plombs par exemple). Frédéric Botbol a écrit un article très intéressant sur la respiration dans le numéro 14 de Calibres. Le principe est de respirer de manière abdominale (c’est-à-dire en gonflant le vendre à l’inspiration et en le rentrant à l’expiration) de telle sorte à ce que le diaphragme « tire » les poumons vers le bas à l’inspiration pour assurer un remplissage maximal. Il faut répéter cette opération quelques fois avant de se décider à tirer. Une fois que vous êtes prêt, inspirez pendant que vous montez votre bras et dépassez la cible. Cessez d’inspirez et tandis que vous redescendez votre bras, commencez une lente expiration. Celle-ci prend fin au moment où vous bloquez votre bras pour aligner vos organes de tir sous le visuel. Vous restez alors en apnée jusqu’au lâcher du coup qui ne devrait pas intervenir plus de dix secondes après le début de l’apnée.

Une fois le coup tiré, terminez votre expiration et reprenez une respiration abdominale ordinaire jusqu’au prochain coup.

Que faut-il regarder ?

Voici ce qui est probablement le plus illogique pour un nouveau tireur : la seule chose que vous ne devez pas regarder c’est la cible ! Il faut abandonner cet instinct naturel qui vous dit que pour attendre ce que vous voulez toucher il faut le regarder. Comme au golf, lorsque vous exécutez votre coup, vous ne regardez pas le drapeau !

C’est la même chose pour tous les jeux de balle : c’est la balle que vous regardez avec attention et non là où vous voulez qu’elle aille. Vous découvrirez vite et assez précisément où votre plomb va finir sa course. Avec un pistolet il est fondamental de regarder l’image que forme l’alignement de vos organes de visée avec le visuel, car la moindre distraction va engendrer un changement dans cette ligne qui résultera par un vrai changement de résultat.

Accomodation sur les organes de visées (c) FFTir

Accomodation sur les organes de visées (c) FFTir

Il faut donc regarder votre guidon et votre cran de mire et l’alignement qu’ils forment avec la cible au loin. Vous saurez que vous y êtes quand dans votre champ de vision, la cible vous apparaîtra toute floue alors que le guidon sera tout net. Il est en effet impossible d’obtenir une mise au point où les deux (cible et organes) soient nets simultanément. Ainsi, lorsque vous presserez progressivement la queue de détente vous serez surpris par le départ du coup, et vous serez également surpris par le résultat en cible.

L’alignement des organes de visée se fait avec la une zone située sous le visuel noir de la cible. En effet, vous ne visez pas le dix pour faire un dix, car il est impossible de distinguer vos appareils de visée noirs sur un visuel noir. Vous allez donc cherchez à vous aligner sous le noir en laissant une bande blanche de quelques millimètres entre le bas du noir et le haut de vos organes. Vous ne cherchez donc pas à vous positionner systématiquement à x mm du noir, mais bien dans une zone dans laquelle vous apprendrez avec le temps qu’elle est la bonne pour lâcher un dix.

Marge de blanc (c) FFTir

Marge de blanc (c) FFTir

Attention aux erreurs angulaires et parallèles :

Erreurs angulaires (c) FFTir

Erreur parallèle (c) FFTir

Erreur parallèle (c) FFTir

Erreurs angulaires (c) FFTir

Comment presser la queue de détente ?

Maintenant que vous connaissez tout de la théorie de la prise en main, de la position, de la respiration et de la visée, voilà l’instant de vérité.

Sachez tout d’abord que le poids de votre queue de détente doit impérativement être réglé à un minimum de 500 grammes sous peine d’avoir à effectuer les changement avant le début d’une compétition ce qui est psychologiquement très perturbant.

La course de la queue de détente est rythmée par deux temps : tout d’abord la pré couse. Vous y effacer 50 à 70% du poids total jusqu’à rencontrer une butée appelée bossette. Une fois sur cette bossette, il ne reste plus beaucoup de poids à délivrer pour que le coup parte. C’est la deuxième étape. Il faut maintenir une pression progressive sur la queue de détente sans vouloir forcer le départ coup sinon gare au célèbre coup de doigt qui amènera les impacts des tireurs droitiers dans la zone inférieure gauche de la cible. De la même manière si votre poignet n’est pas suffisamment ferme, vos coups finiront dans la zone supérieure droite de la cible.

Le secret est donc d’être surpris par le départ du coup. Pour ce faire, l’idéal est de se concentrer sur tout sauf sur la détente : une fois que vous commencez votre période d’apnée concentrez-vous sur maintenir une vision net sur le guidon en acceptant de le laisser flotter avec le cran de mire dans la zone sous le visuel noir. Durant toute cette phase pressez progressivement la queue de détente jusqu’au départ du coup. Si au bout d’une dizaine de secondes le coup n’est pas parti, reposez votre pistolet, respirez profondément et répétez l’opération.

Position du doigt sur la queue de détente (c) FFTir

Position du doigt sur la queue de détente (c) FFTir

Je le répète c’est en ne pensant pas provoquer que le départ du coup que vous réussirez à grouper, puis à faire des dix.

Comment corriger vos réglages ?

Ne commencez pas à tripoter toutes les vis de réglages de votre pistolet. Pour corriger vos tirs en cible, attendez tout d’abord d’être capable de réaliser et de répéter des groupements d’une dizaine de plombs. Reportez-vous à la documentation de votre pistolet pour ramener vos tirs dans la direction (haut-bas/gauche-droite) que vous souhaitez.

Pourquoi est-ce si difficile ?

Le fait de tenir à bout de bras un poids d’environ un kilo, dans une position parfaitement pas naturelle, en se battant contre ses instincts pour se forcer à ce concentrer sur un ensemble de facteurs contradictoires pour viser soixante fois d’affilée le même dix n’est pas ce que je qualifierait d’une simplicité biblique ! Cela va contre toute logique de tirer comme ça (sans viser le 10 par exemple) et la concentration requise pour répéter cette opération sans se permettre la moindre distraction est mentalement éprouvante.

Si c’était simple cela deviendra ennuyeux. Aujourd’hui réaliser un 100/100 relève de l’exploit pour tout un chacun, un 600/600 ne sera certainement jamais atteint.

Votre premier soucis va consister à accepter que vos organes de viser flottent sous le visuel. Ne tentez pas de lutter. Il est impossible de rester parfaitement stable soixante fois de suite, même pour l’homme le plus fort du monde. Il est donc primordial d’apprivoiser le mouvement et la zone dans laquelle vous lâcherez un dix. Au rythme de votre progression, vous verrez que vous parviendrez à tenir un cercle de moins : une fois les premières séances passées et avec un peu d’assiduité, vous tiendrez le sept (aucun coup ne sortira plus noir), puis vous vous rapprocherez progressivement du dix, centre de toutes les attentions.

Ce que je trouve génial à propos du tir au pistolet et qu’à peu près n’importe qui peut obtenir un peu niveau. Avec une condition physique correcte et de l’entraînement, vous tiendrez le neuf assez rapidement. Ensuite c’est votre capacité à résister au stress qui vous distinguera des autres tireurs.

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