EXCLUSIVITE : Essai du Tesro PA 10 canon fluté (1ere partie)
C’est un très grand privilège que de pouvoir être le premier à vous présenter la nouvelle version du pistolet à air de compétition : le Tesro PA10-3 à canon fluté.
J’avais déjà eu l’opportunité de tester les deux précédentes versions, et j’avoue avoir attendue celle-ci avec impatience après avoir pu la prendre en main aux championnats de France 10m en début d’année à Chambéry. A cette époque, l’importateur exclusif pour la France, la société Cartouch (http://www.cartouch-france.com/), ne disposait que d’un prototype auquel manquait un des développements qui fait la différence, à savoir la possibilité de monter et démonter la crosse sans perdre les réglages de celle-ci dans les trois dimensions.
Sans revenir sur l’historique de la société Tesro (cf. Guns & Calibres n°7), rappelons tout de même que même si la marque est plutôt récente sur le marché international, l’entreprise est dirigée par Peter Romer qui a fait ses armes (et quelles armes) pendant plus de trente ans au sein de Walther. L’une des expériences acquises après ces nombreuses années consiste à prendre en compte les commentaires et demandes d’amélioration de la communauté des tireurs sportifs. Tesro est donc organisée (outils, process) de telle sorte à être capable de répondre aux retours de ses clients.
Avant de débuter, précisons que cette nouvelle version du PA10 présente trois nouveautés :
- un canon fluté dont la conception permet d’augmenter la vitesse du plomb de 9,5 m/s et de réduire la pression nécessaire à la propulsion dudit projectile
- un double compensateur
- un mécanisme de mémoire de réglage de la position de la crosse lorsque celle-ci est montée et démontée
De l’extérieur
Le PA10-2 est livré dans une mallette de transport en plastique abs noir Negrini munie de trois point d’attache dont un est équipé d’un verrou à code. La mousse est de très bonne qualité, et le découpage parfait. Le pistolet est livré avec un ensemble d’accessoire, et pas un seul superflu : une deuxième recharge bouteille, un embout pour le rechargement des bouteilles et un autre pour le dégonflage de celles-ci, deux clé allen (l’une avec un manche de tournevis, l’autre avec un manche en T pour une meilleur prise), et une petite boîte en plastique contenant encore des clés allen, une queue de détente en forme de bouton, un contrepoids supplémentaire (chacun pesant 20 grammes), un joint de remplacement et un second guidon (l’un mesure 4 mm de large, l’autre 4,50mm).
La documentation fournie est d’excellente qualité. Elle est fournie en trois langues et très bien documentée avec de nombreuses illustrations en perspective isométrique.
Les cartouches
Les cartouches sont équipées d’un manomètre à leur extrémité. Elles peuvent supporter jusqu’à 300 bars de pression ce qui permet habituellement de tirer 260 à 340 coups. Avec le nouveau canon fluté, qui augmente la vitesse de sortie du plomb, la quantité d’air nécessaire à sa propulsion est légèrement réduite ce qui permet :
- de tirer un peu plus de coups avec les 300 bars de pressions
- d’allonger la durée de vie des cartouches, car vous les remplirez moins souvent
Le cadran du manomètre est découpé en zones de couleur permettant d’assurer une lecture plus rapide de la charge propulsive restante. A l’autre extrémité, le pas de vis est bien large permettant un vissage plus facile. Nous rappelons qu’en cas de non utilisation prolongée de votre arme, il est recommandé de vider les bouteilles. C’est pourquoi Tesro livre son pistolet avec une vis de purge.
Le PA10-3 est équipe d’une rondelle d’écartement à placer entre la bouteille et le système de vissage de celle-ci sur le pistolet. L’objectif de ce dispositif simple mais très malin est de protéger le joint torique du système de remplissage lors du transport de l’arme.
La crosse
Il s’agit également d’une crosse dite 3D, c’est-à-dire qu’elle est réglable dans toutes les directions : d’avant en arrière selon l’angle longitudinal que vous souhaitez donner à votre poignet, et de gauche à droite selon l’angle canon – crosse. Les réglages se font par l’intermédiaire de la clé allen située dans le corps de la crosse. L’appuie paume se règle quant à lui par l’intermédiaire des deux vis traditionnelles.
Le modèle dont nous disposons équipé d’une crosse Rink. La « trappe » d’accès prévue sur la crosse d’origine n’est donc pas présente et le réglage de la position de la crosse doit donc se faire crosse démontée. Pour ce faire, il vous faut démonter cette dernière, puis en insérant une clé allen dans la même tige que celle qui sert à visser la crosse, desserrer le mécanisme 3D pour l’orienter dans la position voulue, avant de le resserrer puis de remonter la crosse.
Une petite vidéo valant mieux qu’un long discours, ci-dessous le mécanisme de verrouillage du réglage de la crosse :
Le système de détente
La queue de détente est réglable d’avant en arrière (mais pas en hauteur) ce qui est bien pratique pour compenser l’étroitesse relative de la crosse. Elle est également interchangeable avec un modèle qui ressemble à un bouton, chacun restant libre de son choix, je préfère conserver la forme plus traditionnelle.
Avant d’effectuer tout réglage de la détente, souvenez-vous d’une part qu’il faut vous assurer que l’arme n’est pas chargée ; et d’autre part, que sur ce PA10-3, comme sur tous les pistolet à air comprimé de compétition, les réglages usine devraient être optimaux pour une majorité de tireur.
Lors du premier tir à sec, il s’avère qu’il est nécessaire de modifier le réglage du trigger stop. La vis de réglage est très difficilement accessible : elle est située dans l’axe de la détente mais pour y accéder il faut faire tourner le repose doigt (ce n’est vraiment pas pratique) voire même enlever la crosse. De plus, même réglée au maximum, la queue de détente donne l’impression de parcourir une faible distance (1mm) après le départ du coup, ce qui est un peu perturbant.
De la même manière, la vis qui sert à régler la force de la détente (trigger power) nécessite d’enlever le repose doigt.
Plus généralement, l’extérieur du mécanisme de détente ne donne pas le même sentiment de rigueur et de solidité que sur les modèles de la concurrence.
De plus, le mécanisme interne de la détente paraît bien complexe et pour ainsi dire assez inexplicable malgré la très bonne qualité 3D de l’illustration présente dans la documentation.
Néanmoins celle-ci reste franche et ne nuit en rien aux performances du pistolet comme nous aurons l’occasion de le constater plus tard.
Les organes de visée
Le guidon peut être positionné à trois endroits sur le compensateur permettant de faire passer la longueur de la ligne de mire de 347 à 364 mm.
Les réglages du cran de mire en déviation et en élévation se fait par l’intermédiaire des vis située sur les deux côtés du cran. Les vis sont très accessibles mais les clics ne sont pas très francs. Un cran (déviation ou élévation) représente à 10 mètre une correction de 1,2mm.
Les marquages sont traditionnels sur des armes allemandes : tournez vers la droite ‘R’ pour corriger une déviation vers la droite (et vers ‘L’ pour un tir trop à gauche), et tournez vers la droite si le tir est trop haut ‘H’ et vers la gauche s’il est trop bas ‘T’.
Enfin, la largeur du cran de mire est également réglable de 3 à 5,5 mm. Il faut pour cela utiliser l’une des clés allen livrée avec le PA10-3. N’oubliez pas de réduire la largeur du cran au minimum pour gagner en précision même si le sentiment d’inconfort peu se faire sentir si vous n’en avez pas l’habitude.
Le compensateur et le système de contrepoids
De nouveau, le compensateur a fait l’objet d’une évolution de conception sur cette nouvelle version du PA10. Il s’agit d’une pièce en aluminium usinée de très belle facture sur laquelle se visse le guidon. L’extrémité est dotée d’un double cône inversé pour limiter les effets perturbateurs des gaz après la sorti du plomb de la bouche du canon. Rappelons que sur des armes à air comprimé, l’objectif du compensateur n’est pas de d’empêcher le recul du canon, mais d’éviter au maximum que le gaz propulsif (qui a été concentré depuis le départ du coup jusqu’au moment où il sort par la bouche du canon) ne fasse dévier le projectile de sa trajectoire initiale une fois libéré.
Il faut également remarqué que l’extrémité du compensateur est doté de 6 trous d’évents contribuant eux aussi à la dissipation idéale des gaz de propulsion.
Comme son prédécesseur, le PA10-3 est équipé d’une tige montée perpendiculairement au pontet et qui peu accueillir jusqu’à trois contrepoids de 20 grammes chacun. Ceux-ci peuvent être fixés à n’importe quel endroit sur la tige et sont maintenus par une vis allen.
Rappelons qu’il est plus judicieux de placer les contrepoids plus proches du pontet que de l’extrémité du canon pour éviter d’amplifier les effets de balancier.
Le canon fluté
Voila la pièce bravoure de cette nouvelle version du Tesro PA10. Outre les qualités techniques précédemment évoquées (augmentation de la vitesse de libération du plomb de 9,5m/s), le canon est tout simplement magnifique. Rappelons qu’il s’agit de la première arme de compétition grand public à être dotée de série de ce type de pièce, habituellement disponible en after market (comme disent nos amis américains) à des prix tout simplement inabordable. Nous aurons l’occasion de tester dans la seconde partie de cet article, si ce nouveau canon contribue à faire du PA10-3 un pistolet d’exception.
Dans une seconde partie de cet article, nous aurons l’occasion de tester le PA10-3 en conditions réelles de tir.
D’ici là, nous tenons à remercier personnellement M. Denis Ertzer de la société Cartouch (http://www.cartouch-france.com/) pour nous avoir prêté cette arme.
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novembre 21st, 2009 at 12 h 21 min
Votre article est très intéressant, merci pour tout.
J’ai hâte de lire la suite !!!
Bonne journée
janvier 8th, 2010 at 20 h 25 min
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